Une lettre de Jean Staune
Par Jean Staune , :: Nature de la Science :: Aucun commentaire
Le Monde, article de Jean Staune paru dans l’édition du 14 septembre 2006.
A la suite de notre article intitulé "Le jeu de masques du néocréationnisme français" (Le Monde du 2 septembre) nous avons reçu de Jean Staune, fondateur de l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), la mise au point suivante.
Comme tous les membres de l’UIP, je soutiens avec la plus grande force la théorie de l’évolution (le fait que tous les êtres vivants aient un ancêtre commun) et je dénonce le créationnisme (la conception selon laquelle les êtres vivants auraient été créés séparément) dans toutes mes interventions et écrits sur ce sujet.
Votre article effectue deux amalgames :
- un premier entre des néocréationnistes défendant des thèses absurdes et des évolutionnistes cherchant d’autres mécanismes de l’évolution que les mécanismes darwiniens ;
- et un deuxième entre l’idée que les lois de l’univers puissent suggérer l’existence d’un principe créateur (le principe anthropique) et le mouvement de l’intelligent design pour lequel ce créateur viole les lois de l’univers pour que la vie sur Terre soit apparue.
Ces amalgames, qui sont malheureusement fréquents, ont été dénoncés par avance comme "contraires à l’éthique et à la liberté du débat sur les implications des découvertes scientifiques" dans un point de vue publié dans Le Monde du 23 février ("Pour une science sans a priori", article signé, entre autres, par quatre Prix Nobel et quatre membres de l’Institut de France).
En ce qui concerne la question des mécanismes de l’évolution, ma démarche s’inscrit dans une grande tradition purement française, représentée par des zoologistes comme Pierre-Paul Grassé et Rémy Chauvin, des paléontologistes comme Jean Piveteau ou un généticien et mathématicien comme M.-P. Schutzenberger, qui ont critiqué le darwinisme tout en soutenant la théorie de l’évolution. Cette démarche personnelle, qui n’engage pas l’UIP, qui a accueilli dans ses programmes plus d’intervenants darwiniens que de critiques du darwinisme, ne contient donc rien d’"importé".
Enfin, au sein du groupe HEC, je suis non seulement vacataire pour la formation continue des cadres, comme vous le mentionnez, mais je suis aussi (contrairement à ce qui a été suggéré) chargé de cours. Mon cours, donné depuis 1995, dans le cadre d’un mastère de management, a été suivi par des dizaines d’étudiants qui ont réalisé des mémoires sur cette approche originale qui analyse les mutations de la société à la lumière de la philosophie des sciences.
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